Cryothérapie des névromes de Morton: expérience initiale sur 20 patients

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13 October 2023

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En quelques mots

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Cette présentation de Benjamin Moulin porte sur l'évaluation de la cryoneurolyse dans le traitement des névromes de Morton, une pathologie responsable de métatarsalgies pour laquelle les options thérapeutiques classiques, comme les infiltrations ou la chirurgie, présentent des taux d'échec ou de complications non négligeables. L'auteur expose les principes de la cryothérapie, qui vise à induire une dégénérescence wallérienne de l'axone et de la myéline tout en préservant les enveloppes nerveuses (épinèvre, périnerve et endonèvre), permettant ainsi une réversibilité du processus par repousse nerveuse.

L'étude repose sur une analyse rétrospective de 52 patients traités entre octobre 2022 et mars 2023. La procédure, réalisée sous guidage échographique avec différents niveaux de sédation ou d'anesthésie, utilise une aiguille permettant la formation d'une "ice-ball" d'environ 20 mm de diamètre. L'auteur souligne l'importance du diagnostic différentiel, notamment pour distinguer le névrome de Morton des ruptures de la plaque plantaire ou d'une arthropathie goutteuse, en s'appuyant sur la localisation (souvent le troisième espace pour le névrome) et les caractéristiques en imagerie (hyposignal T1, morphologie arrondie).

Les résultats montrent un succès technique de 98 % et une efficacité antalgique notable, avec 61 % de patients présentant une amélioration complète de la douleur un mois après l'intervention. Les complications sont restées mineures, bien que l'auteur rapporte des engelures distales chez des patients présentant des troubles vasomoteurs (syndrome de Raynaud) et une fracture par insuffisance osseuse.

Pour le clinicien, le message principal est que la cryoneurolyse est une procédure sûre et efficace, mais qui nécessite une sélection rigoureuse des patients. Les microangiopathies distales constituent une contre-indication pratique, et le traitement de deux névromes lors d'une même session est déconseillé. Une vigilance particulière est recommandée concernant les facteurs de risque d'algodystrophie et la distinction radiologique précise avec les pathologies de la plaque plantaire.